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Le pacifiste et le va-t-en guerre.. François Mouriès François Mouriès
   
A qui veut bien la lire voici l’histoire du pacifiste et du va-t-en guerre. Ceci aurai pu être une tragédie grecque mais ce n’est qu’une étonnante réalité.
A la fin du dix-huitième siècle naquit en Autriche à quelques années d’intervalles deux garçons, le premier à Vienne en 1881qu’on appela le pacifiste tant il était doux et rêveur. Le second en 1889 à Brandau en Haute-Autriche et qu’on surnomma le va-t-en guerre car toujours prompt à ce battre pour prouver sa bravoure.
Le pacifiste vivait dans une famille de la bourgeoisie juive et conformiste si typique du règne de François-Joseph. Son éducation fut sévère et stricte comme il se doit. Mais très vite il quitte le foyer familial pour se consacrer à la littérature. Sous l’influence des mouvements d’avant-garde il commence à écrire, et à se faire publier. Il fréquente les cafés viennois où se réunissent les beaux esprit de l’époque.
Le va-t-en guerre était fils d’un fonctionnaire des douanes aux origines incertaines qui lui imposa une discipline de fer. Mais en 1903 celui-ci meurt. Il vit avec sa mère qu’il adore et qui le chérit. Malheur pour lui en 1907, elle décède à son tour emporter par la maladie. Le jeune Va-t-en guerre se retrouve livré à lui-même. Il part pour Vienne et s’inscrit à l’examen d’entrée aux Beaux-Arts de la ville. On le refuse pour manque de talent. Oh! Le jeune va-t-en guerre ne se décourage pas. Il vit de petits travaux et même de sa peinture; principalement des aquarelles. Il se met à lire beaucoup et se passionne pour la musique de Richard Wagner et l‘architecture. Sa vie de bohême lui fait fréquenter des personnalités troubles aux idéaux xénophobes. Alors sans trop savoir au juste pourquoi, sans doute sous influence, il devient peu à peu dans cette Vienne cosmopolite, antisémite.
Pendant ce temps le jeune pacifiste voyage beaucoup et rencontre bon nombre d’artistes et d’intellectuels qui deviendront ses amis, et pour qui souvent il prendra parti comme Romain Rolland qu‘il vénère.
Mais soudain une tragédie mondiale vient frapper le monde à l’aube de ce vingtième siècle si prometteur dans lequel les espérances les plus audacieuses semblaient pouvoir devenir réalités. La première guerre mondiale éclate. Notre jeune pacifiste oubliant ses rêveries, retrouve sa flamme patriotique et bien qu’il fût reconnu inapte au service est enrôlé dans la propagande. De son côté notre Va-t-en guerre enthousiasmé par cette déclaration de guerre s’engage dans l’armée. Il préfère celle de l’Allemande qu’il trouve à ses yeux moins cosmopolite que celle de l’Autriche. Il se bat courageusement et ses supérieurs l’apprécient à sa juste valeur. Il est nommé caporal. Il est si téméraire qu’il est blessé à plusieurs reprises.
Le pacifiste, lui commence à découvrir le vrai visage du conflit, la mort, la souffrance bref toutes les noirceurs qui composent la palette de la misère sans nom des peuples. Il revient à Vienne puis s’exil en Suisse où il milite ardemment avec d’autres intellectuels pour un cessez le feu. Mais le bruit assourdissant des armes et les fumées des gaz moutardes interdissent aux guerriers d’entendre et de voir l’ineptie de ce combat à mort.
Mais heureusement pour les hommes, le temps sait soulager, du moins pour un moment leurs névroses. La paix est signée. Chacun repart chez soi. Les uns avec la joie certes compréhensible de la victoire, mais illusoire au regard de l’avenir, les autres avec une haine au cœur qui ne pourra s’assouvir que dans une seconde manche plus meurtrière que la première.
Le va-t-en guerre croit que son armée si tendrement aimée a été trahie par les étrangers et particulièrement par les juifs. Il traîne désoeuvré dans Munich où le choc de la capitulation déchaîne les esprits patriotiques. Cependant il trouve un réconfort auprès d’anciens militaires et on le charge de surveiller des groupuscules ultranationalistes. Au court d’une réunion il prend la parole pour fustiger un orateur qui propose la sécession de la Bavière. Soudain tout s’éclair. Ses dons de tribun enthousiasment l‘auditoire des arrière-salles des brasseries où se réunissent les mécontents de tout poils qui exaltés par la bière, le tabac et leurs idéaux racistes s‘adonnent à un sabbat annonciateur d‘aurores funestes. Très vite le petit Va-t-en guerre devient un homme important. Il entame ses premiers pas sur la route sinueuse du pouvoir. Il ne craint rien car il voit déjà au loin apparaître, sortant de la brume épaisse qu’est l’âpreté de son parcours, le graal mythique qu‘il brandira bientôt au dessus de sa tête comme le fit jadis Napoléon avec sa couronne de lauriers d‘or qui par ce seul geste se issa aux dessus des autres hommes en leur ordonnant de lui obéir aveuglément pour la plus grande gloire de la patrie.
Dans le même laps de temps, le pacifiste gravit lui aussi les premières marches de la gloire littéraire. Il écrit abondamment principalement des nouvelles dont la première « Amok » qui rencontra un vif succès. Il se passionne pour les autobiographies Balzac, Marie-Antoinette, Fouchet etc… Il retrouve ses amis égaillés par la guerre. Il voyage beaucoup. Il rencontre aussi l’amour. Bref il est heureux. Comme il est plaisant de croire que le bonheur puisse être mis en cage!
Mais voilà que l’Histoire avec un grand h recommence ses turpitudes. Qui va t-elle privilégié? Le petit Pacifiste bercé par ses rêveries poétiques ou le petit va-t-en guerre déjà aveuglé de futures batailles glorieuses? Mais l’Histoire se complet à jouer au poker menteur avec les hommes qui ne comprennent pas toujours l‘enjeu de la partie. Elle aurait pu cela lui aurait été facile de permettre au va-t-en guerre de réussir son concours d’entrée aux Beaux-Arts de Munich et de devenir sinon un génie de la peinture du moins un peindre honorable et inoffensif, bien des gens y auraient trouvé leur compte en passant à côté d’une catastrophe ignorée. Non, cela n’aurait pas été amusant. Il lui fallait à l’Histoire un grand sacrifice, quelque chose digne d’elle. Alors elle met face à face nos deux amis qui n‘auraient du jamais se renconter si elle avait été indulgente. Au fur et à mesure que le va-t-en guerre grandissait et s’approchait de son trône, le pacifiste devenait plus sombre, plus inquiet. La crainte commençait à ronger son âme en voyant que la démence wagnérienne de l’autre prenait la forme d’une croix noire la « Svatstika » symbole d’origine hindou qui n’était pas destinée à devenir l’emblème de la haine et de la démence meurtrière.
Le pacifiste quitte son Autriche natale et part se réfugier à Londres, mais la dépression le gagne peu à peu. Sur le continent, le Va-t-en guerre arrivé enfin au pourvoir absolu se joue de l’Europe qui ne voit en lui qu’un petit peintre en bâtiment, car il fut cela aussi dans sa jeunesse, vulgaire et vantard; un gesticulateur lamentable, un pitre de la commedia d’ell’arte. A les pauvres gouvernants de cette Europe présomptueuse qui a mis genoux l’Allemagne par leur traité de Versailles impie. Riez, moquez-vous! Vous avez fait la faute de ne pas avoir lu mon livre Mein Kempf et pourtant tout ce qui va vous arriver y est écris. Je suis le Messie d’un monde nouveau. C’est vous les pantins, les marionnettes que bientôt j’animerai à ma guise se disait le Va-t-en guerre et il avait raison. Oh! Ils étaient rares ceux qui avait entendu la menace et notre pacifiste fut l’un des premiers. De plus en plus en proie à son mal, comprenant qu’il criait dans le désert, il part pour le Brésil. Pour oublier du moins pour allégé son âme tourmentée, il parcourt l’Amérique du sud, puis il revient au Brésil. De l’autre côté de l’atlantique le va-t-en guerre fait régner la terreur par la bonne grâce de l’Histoire. Il triomphe sur tous les plans, il domine enfin sa grande Europe. S’en est trop pour le pacifiste à bout de forces et désespéré de voir le monde s’anéantir sous ses yeux il se suicide avec son épouse le 22 Février 1942. Le plus incroyable c’est que le 17 juillet de la même année commence la bataille de Stalingrad qui sera le premier coup de poignard dans le flan du nazisme.
Ah petit pacifiste! Si tu avais eu plus de forces tu aurais assisté à l’agonie de ton ennemi. Tu aurais vu que la paix succède toujours à la guerre comme le soleil à la pluie. Tu aurais livré au monde de nouveaux chef-d’œuvres. Tu aurais vu aussi le Va-t-en guerre faire ce geste fatal que ton esprit trop tendre t’ as fait anticiper, car lui aussi s’est suicidé avec sa femme Eva Braun. Tu aurais compris que l’Histoire s’était enivrée de sang comme elle aime le faire si souvent, mais qu’elle rejette toujours celui qui lui remplit son verre. Tandis qu’a toi, elle a couronné ton œuvre pour des siècles et ta pensée survole bien des inspirations contemporaines. Certes je te l’accorde, elle n’a pas complètement détruit l’âme de celui qui t’a causé tant de douleurs. Car de par le monde il subsiste toujours des fragments vivaces de cette chose monstrueuse qu’est l‘intolérance. Mais l’Histoire dans sa grande sagesse a doté l’homme, en même tant qu’elle le torturait, du pourvoir de s’en défendre si il le veut bien, grâce au souvenir indélébile de ces deux guerres absurdes; c’est sans doute là leur seul intérêt à y regarder de près.
En guise de morale tu aurais pu ajouter petit pacifiste que c’est la plume qui a triomphé du glaive, c’est-ce que tu voulais en définitif et c’est réconfortant pour nous tous.
Comme le dit Confucius: Assieds toi au bord de la rivière et tu verras le corps de ton ennemi passer.
Le pacifiste et le va-t-en guerre.
Arte Contemporáneo,  Artes digitales,  Arte digital
Autor: François Mouriès
Temas: Historia  /   Origenes: Francia  /   Género: Art Nouveau o Modernismo  /   Autenticidad: Original  /   Periodo: Contemporáneo  /  
 
Publicado: 5 de mayo, 2012 / Modificado: 5 de mayo, 2012
Copyright François Mouriès

Carpediem
Carpediem , 6 de mayo
Waaoouuhh ! !
Etonnante histoire et intéréssant parallèle. Avec ton oeuvre sur fond rouge sang, voilà un duo de choc qui donne à réfléchir ! ! Beau travail, François ! !
Irène
Irène , 5 de mayo
Bravo et merci pour la petite histoire très interressante! !
 
Le pacifiste et le va-t-en guerre.
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François Mouriès
François Mouriès
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